Les trésors insoupçonnés de l’Index Translationum

L’Index Translationum permet d’effectuer toutes sortes de recherches permettant d’identifier les principaux courants dans circulation internationale des livres, de sonder les zones d’influence des langues, de découvrir les intérêts des lecteurs suivant l’époque ou la région dans laquelle ils vivent.
L’Index Translationum est le plus ancien programme de l’UNESCO. Né au sein de la Société des nations, il fête cette année son 80ème anniversaire. Ce 23 avril 2012, il est au cœur de la célébration de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
À cette occasion Le Courrier de l’UNESCO vous invite à lire son dossier sur l’Index qui retrace son histoire de 1949 à nos jours.
- L’index Translationum et la sociologie de la traduction : comprendre les échanges culturels internationaux, 2012
- Traduction, par Octavio Paz, 1986
- L’Unesco à travers ses publications : plus de 7.000 ouvrages en 70 langues, 1978
- Des traductions en 151 langues : parmi les importantes manifestations marquant le 60e anniversaire de la révolution d’octobre, une grande exposition de traductions à Moscou, 1977
- Répertoire annuel des traductions, 1963
- Les Portes closes : la traduction, clé de la connaissance, 1963
- D’une langue à l’autre : répertoire international des traductions, 1962
- Le Quatrième Index translationum accueille Mme Bovary en tamoul, 1953
- Index translationum, 1949
Les archives complètes du Courrier, depuis le premier numéro publié en 1948, sont disponibles.
Vous pouvez consulter plus de 700 numéros en anglais, espagnol et français. Les versions arabe, chinoise et russe sont systématiquement numérisées à partir de 2010. La version portugaise est disponible depuis 2008.
Source: APLV
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Mexique: L’enseignement Bilingue en Français

Avec un peu plus d’une quarantaine de sections bilingues francophones, d’après les chiffres de la dernière rentrée scolaire, le Mexique devrait bénéficier d’une aide spéciale de l’Ambassade de France pour soutenir cet effort linguistique. 


Un Plan d’action a été mis en place, basé sur 3 initiatives:

     – une rencontre des directeurs généraux des grands lycées publics dotés de sections bilingues francophones
     – un séminaire de formation pédagogique pour les professeurs de français et de DNL
     – un programme de bourses d’études en France pour les responsables pédagogiques et les professeurs des sections bilingues francophones
Une première rencontre de directeurs a eu lieu dans la capitale du Mexique le 14 mars dernier, en présence du service de coopération linguistique et éducative de l’ambassade de France. 
Cette évènement a permis de fait le bilan du système éducatif bilingue francophone au Mexique. L’objectif pour les participants est de partager leurs expériences éducatives, et de promouvoir ensemble, un réseau d’établissements d’excellence. 
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Abus d’anglais au travail dangereux?


Tenu à Paris le 8 mars 2012, le colloque était organisé par le syndicat d’encadrement français CGC (Confédération générale des cadres) et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie.
L’anglais dans les entreprises à vocation internationale, basées dans des pays francophones, s’impose de plus en plus. Nécessité, mondialisme, conformisme, la pratique de la langue de Shakespeare est en passe de devenir la règle. 
Pourtant, le recours systématique à l’anglais n’est pas sans conséquences sur les salariés qui ont pour devoir de parler une langue qu’ils ne maîtrisent pas complètement. 
Le syndicat français CFE-CGC sous le haut patronage de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a organisé un colloque sur le « tout-anglais » dans l’entreprise, et apporte pour la première fois des constats et des analyses inédits.  
Ci dessous, l’article de TV5Monde Par Pascal Hérard auquel nous opposons celui de Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute dans Le petiteconomiste!
Par Pascal Hérard
Stress, angoisse, perte de performance professionnelle, problèmes de concentration, sensation de dégradation de ses compétences… les témoignages projetés en vidéo sur écran géant ou ceux des personnes présentes dans la salle sont édifiants. Les cadres expriment leur désarroi face à l’obligation de devoir travailler en anglais. La maîtrise de l’anglais, même quand elle est bonne, place les employés des entreprises internationales en situation d’infériorité et amoindrit leurs performances. « On ne peut pas être pointu, précis en anglais comme en français. Convaincre un auditoire, rester concentré dans une langue étrangère, ce n’est pas la même chose que dans sa langue maternelle. On a parfois l’impression d’être nuls, de ne pas faire correctement notre travail. Il y a une frustration, une sensation d’incompétence difficile à gérer », témoigne l’un d’entre eux.
De nombreux documents sont en anglais au sein des entreprise et la concentration que requiert cette lecture pèse elle aussi dans la balance : la peur de se tromper, de ne pas bien interpréter certain détails l’emporte sur la performance. La hantise de commettre des erreurs à cause de l’anglais est réelle chez les cadres des entreprises françaises, particulièrement celles qui travaillent à l’international : bancaire, informatique et télécommunications, automobile. Ce phénomène, loin d’être marginal, devient une souffrance au travail, cause de dépression et de démotivation pouvant même mener dans certains cas extrêmes à des suicides.
L’anglais : un « plus » pour l’économie ?
Pour le salarié, il apparaît que la maîtrise d’une langue étrangère engendre un revenu plus élevé. Une étude effectuée auprès d’un panel d’employés du même âge avec des compétences, des expériences professionnelles et un niveau d’éducation équivalents indique un niveau de salaire supérieur de 18% au Canada pour les bilingues, de 14% en Suisse et de 18% en France. Une autre étude a voulu calculer ce qu’engendrerait une « amnésie subite de toute langue étrangère » : avec la maîtrise seule de la langue maternelle dans les entreprises. L’impact économique de la perte de maîtrise des langues étrangères sur l’économie serait considérable, autour de 10 points de PIB (Produit intérieur Brut).
De façon étonnante, et d’un point de vue macro-économique, l’hégémonie de la langue anglaise peut grever la compétitivité économique, engendrer des coûts. Il y a par exemple une économie de la traduction des langues européennes vers la langue anglaise qui produit un transfert de valeur de l’ordre de 10 à 17 milliards d’euros vers les pays anglophones. Les brevets déposés par des entreprises européennes sont à 50% en allemand, puis en français, en italien, les pays anglophones n’étant qu’en cinquième position. Le coût d’accès à la protection de la propriété intellectuelle est de 22% et passe à 25% dans le cadre du « tout-anglais ». L’anglais dans l’entreprise comme facteur de performance économique ne semble pas parfaitement établi.
Une langue n’est pas seulement un code
Alors que la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne stipule l’égalité des langues, que la commission européenne indique une maîtrise de langue anglaise dans l’union de 56%, la réalité est toute autre : il n’y aurait en réalité dans l’union que 13,5% des salariés avec une maîtrise de l’anglais et 15% se considérant comme « bons » en anglais. Une discrimination sur la maîtrise des langues, et plus particulièrement de l’anglais existe et pose de plus en plus problème. Comme un conférencier le rappelle « commander un café en anglais n’est pas la même chose que parler avec son chef. Une langue n’est pas seulement un code, elle est une façon de transmettre des liens affectifs et psychologiques. Comment voulez-vous vous en sortir stratégiquement dans une négociation d’affaire ou d’évaluation si vous êtes dominé ? Et si vous devez le faire en anglais, avec des anglophones en face de vous, vous l’êtes obligatoirement ! »
L’anglais managérial n’est pas le même que l’anglais « first-aid », cet anglais de dépannage utilisé dans beaucoup de rencontres informelles internationales. Le contexte de pouvoir, d’inégalités que créé le « tout-anglais » est réel : des stratégies d’exclusions, d’impositions d’idées, de prises d’intérêts par ce biais existent comme les confusions qu’il peut engendrer. « Un formulaire en anglais ne sera pas compris exactement de la même manière à Milan qu’à New-York », explique un intervenant, « et pourtant il y a exactement les même mots, je sais par exemple que sur le harcèlement, la compréhension du sujet étant très différente entre les pays, il est dangereux de ne pas passer par une traduction pointue. »
Quand la complexité des langues est niée…
La fracture linguistique peut s’avérer dévastatrice, même si il y a nécessité d’utiliser épisodiquement l’anglais dans le cadre de certaines situations bien précises. Des études neurophysiologiques indiquent la mobilisation de beaucoup plus de circuits neuronaux lors de l’utilisation d’une langue étrangère, abaissant par la même les autres facultés intellectuelles du locuteur. Mais le problème d’une hégémonie linguistique est encore plus vaste et touche à des notions sociologiques, psycho-affectives qui ne doivent pas être écartées : le tout-anglais produit des situations très étranges et négatives. Les exemples sont nombreux : l’entreprise-monde, comme elle est appelée par plusieurs conférenciers met des dispositifs en place en dehors de toutes réalités : « Outil lead » allié à un projet « performing » se mêlent à des « nine box » pour au final générer un environnement professionnel où la culture n’existe plus, avec un personnel pris dans une sorte d’environnement qui ne correspond plus à rien de connu. Le problème de la nuance dans la langue est bien entendu lui aussi posé : comment s’exprimer dans la complexité avec une langue étrangère réduite à un « globish » (global english, anglais de bas niveau utilisé un peu partout sur la planète, ndlr) uniquement destinée à fabriquer un espace de communication minimal ?
Sortir du tout-anglais
Si le problème de la maîtrise de l’anglais ne concerne pas l’ensemble des salariés de langue francophone il touche tout de même entre 25% et 37% d’entre eux. Il existe des lois nationales et européennes censées encadrer l’utilisation des langues étrangères, comme la loi Toubon en France, loi offrant un droit imprescriptible à s’exprimer en français et recevoir une réponse en français. Les intervenants du colloque rappellent qu’une langue commune est considérée comme un outil d’égalité, créé une exigence de respect, de dignité, et même s’il ne faut pas exagérer le phénomène de l’imposition de l’anglais dans les entreprise françaises dont 80% utilisent la « langue de la république », il est indispensable de ne pas sous-estimer le phénomène et ses conséquences.
Des propositions sont en cours de la part des syndicats, des CHSCT, pour pallier aux problèmes et souffrances engendrés par le « tout-anglais » dans l’entreprise. Celles-ci pourraient être par exemple la gestion et la valorisation des compétences linguistiques dans l’entreprise, avec un recensement et des évaluations précises de celles-ci. La création de médiateurs linguistiques, l’imposition d’une formation à l’anglais pour les personnels ayant des obligations à travailler avec cette langue, le déploiement de traducteurs automatiques informatiques…
Pour conclure, le linguiste et maître de conférence, Michael Oustinoff apporte lui aussi sa pierre à l’édifice : « il n’y a pas de solution simple à un problème complexe, mais nous savons que la promotion du multilinguisme est essentielle. La Lingua franca qu’est l’anglais aujourd’hui n’est pas vouée à perdurer éternellement et certains spécialistes annoncent même sa disparition (comme Lingua franca, commune à la planète) en tant que telle au milieu du XXIème siècle à cause, ou grâce à l’importance des pays émergents comme l’Inde, le Brésil cumulée la perte d’influence des USA. Et puis il ne faut pas oublier qu’on peut avoir une connaissance d’une langue sans la parler et communiquer chacun dans la sienne propre : je ne parle pas l’italien mais le comprend très bien, comme beaucoup de Français, et les italiens me comprennent eux aussi facilement. Le multilinguisme à promouvoir est complexe, mais si il est organisé de façon intelligente, avec des systèmes d’entraides entre salariés par compétences linguistiques il pourrait permettre cette sortie du « tout-anglais » sans empêcher les échanges entre partenaires de langues différentes ».
 Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute. 
Les marchés s’ouvrent de plus en plus à l’international et les entreprises doivent pouvoir communiquer facilement avec leurs interlocuteurs internationaux. La pratique de l’anglais commercial se révèle alors être un atout indéniable. Nous avons voulu recueillir l’avis d’un dirigeant de centre de formation nouvellement installé à Poitiers : Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute.
LPE :  »Les français ne sont pas très familiers avec les langues étrangères, est ce que cette étiquette s’applique aussi dans la région ?
Nicolas ROOS : Sans hésitation oui, malgré l’afflux depuis de nombreuses années de Hollandais puis de Britanniques dans la région, les poitevins souffrent des mêmes difficultés que les autres Français. Cela s’explique naturellement par l’uniformité du système éducatif français.
LPE : Est ce que les entreprises recrutent de plus en plus des personnes bilingues pour développer leurs marchés à l’export ou forment leurs collaborateurs ?
NR : Les entreprises de la région, soit naturellement, soit poussées par les associations ou autre groupements professionnels s’ouvrent de plus en plus à l’international.
Cette ouverture les oblige à détenir des capacités d’expression en anglais qu’elles ne possèdent pas pour la majorité d’entre elles. Cette compétence nouvelle n’efface pas pour autant celles déjà détenues par les collaborateurs des entreprises. Ces dernières sont donc obligées de former ceux de leurs collaborateurs qu’elles estiment devoir utiliser l’anglais comme nouvel outil de communication. Par ailleurs, recruter des personnes bilingues est quasiment impossible sur le marché du travail actuel. 
Le niveau moyen en anglais au sortir du Bac est très faible et rares sont les écoles qui permettent à leurs étudiants d’approcher le bilinguisme.
La norme du moment fixe l’anglais opérationnel pour des personnes issues des écoles d’ingénieurs et de commerces à un score de 750 point au test TOEIC. Cela est déjà une bonne chose mais ne garantit pas le caractère opérationnel de la personne. En clair, seules les écoles imposant une scolarité en anglais donnent les moyens à leurs élèves d’aborder sereinement le marché du travail et aux entreprises d’être certaines des qualités linguistiques des postulants.
LPE : Est-il incontournable aujourd’hui de maîtriser un minimum de notions 
en langue anglaise pour développer un business ou pour s’ouvrir à l’international, notamment à travers Internet ?
NR : La plupart des entreprises externalisent la création de leurs sites Internet et n’ont donc pas besoins de maîtriser l’anglais pour cela. Ces sites doivent en revanche tous être traduits en anglais pour pouvoir s’attaquer aux marchés internationaux.
Quant à savoir si la maîtrise de l’anglais est incontournable pour développer un business et s’ouvrir à l’international, la réponse est évidement oui. Laurence Parisot l’a rappelé lors d’une interview récente, les entreprises doivent faire l’effort sur la formation en anglais de leurs salariés si elles veulent pouvoir être compétitives sur les marchés internationaux.
LPE : Quels sont les produits de formation que vous proposez chez WSI ?
NR : Wall Street Institute est un centre de formation à l’anglais. Former des « non anglophones » à l’utilisation de l’outil de communication « anglais » est notre métier depuis plus de 30 ans. Pour ce faire, nous utilisons une pédagogie ciblée s’appuyant sur le processus naturel d’apprentissage de la langue maternelle. C’est donc par la pratique que nos stagiaires progressent. Nous leur proposons d’atteindre le niveau d’anglais général de leur choix ou encore d’améliorer leur anglais professionnel. Nous pouvons également proposer des formations spécifiques « métier » aux entreprises qui le souhaitent.
LPE : En quoi votre offre est elle différente de vos concurrents qui proposent de l’apprentissage à distance, ou grâce à un logiciel notamment ?
NR : Si les outils ont évolué pour s’adapter aux nouvelles technologies, la méthode pédagogique de Wall Street Institute n’a pas changé depuis sa création. Longtemps décriée, l’utilisation du multimédia a été adoptée par la quasi-totalité de nos concurrents et certains en font même un usage exclusif. Cette utilisation ne les a pourtant que très peu rapprochés de notre méthode car notre approche de l’apprentissage de la langue est globale.
Notre offre est un ensemble d’apprentissages cohérents, construits comme un tout et non comme des éléments disparates, juxtaposés dans un catalogue de cours. L’outil multimédia est indissociable des cours avec professeurs et les uns sont conçus pour compléter les autres. Il s’agit d’un mixe entre apprentissage et mise en pratique. C’est grâce à cette méthode que nos résultats sont excellents et que nous pouvons nous permettre de les garantir. Enfin, notre engagement à l’atteinte d’un objectif pour chacun de nos stagiaires, quelques soient les moyens à consentir et sans coût supplémentaire, fait que nous partageons avec nos clients un but commun. Plus nous sommes professionnels dans notre démarche, plus vite nos stagiaires atteignent leur objectif et moins ils nous coûtent, moins bien nous les formons, plus longue est leur formation et plus ils nous coûtent.
LPE : Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel, puisque vous avez repris cette entreprise poitevine il y a peu de temps ?
NR : C’est un parcours quelque peu atypique qui m’a amené à la tête de cette entreprise puisque j’ai passé les 18 premières années de ma vie professionnelle dans l’armée. La toute récente réforme des armées devrait cependant rendre ce parcours moins rare. Mon parcours militaire a commencé comme aspirant, chef de peloton de chars en 1990. Après avoir intégré le corps des officiers de carrière en 1994, j’ai servi pendant 10 années dans des régiments des Troupes de Marine au Mans, à Tahiti et à Noyon. J’y ai tenu les fonctions de chef de section, commandant de compagnie et officier opérations. C’est lors de la dernière opération extérieure à laquelle j’ai participé en 2005 – 2006, en AFGHANISTAN, que j’ai décidé de quitter l’armée. Il m’a ensuite fallu une année pour mûrir cette décision et encore une année pour la transformer en réalité.
Le passage du monde militaire à celui de l’entreprise est un cap très intéressant mais également compliqué à gérer. Il est en effet difficile de transformer, ou au minimum d’adapter ses compétences militaires à l’entreprise. J’ai passé ma dernière année de service à l’ENSOA de Saint –Maixent où je commandais une compagnie d’élèves sous-officiers et lorsque j’ai trouvé un centre de formation en vente, il m’a paru évident que c’était là le type d’entreprise pour lequel j’étais le mieux armé. »
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La francophonie dans le monde

Au sein de son espace, la Francophonie a vocation à renforcer l’usage du français comme langue de communication, d’enseignement et de développement, tout en stimulant le partenariat avec d’autres langues.

Cette démarche, destinée à favoriser le plurilinguisme et le dialogue entre les cultures, est le fondement de la coopération menée par l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour disposer de données statistiques fiables et d’une vision dynamique de la place de la langue française dans le monde, l’OIF a mis en place l’Observatoire de la langue française.

- On recense 220 millions de locuteurs dans le monde ;
- 60% des francophones ont moins de 30 ans ;
- On estime à 900 000 le nombre de professeurs de français dans le monde ;
- La Francophonie intergouvernementale est née le 20 mars 1970 à Niamey (Niger), avec la création de l’Agence de coopération culturelle et technique. Dotée d’une nouvelle Charte de la Francophonie en 2005, elle s’intitule depuis Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ;
- L’OIF mène des actions de politique internationale et de coopération multilatérale dans 4 domaines prioritaires : la langue française et la diversité culturelle et linguistique ; la paix, la démocratie et les droits de l’Homme ; l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche ; le développement durable et la solidarité ;
- Chaque année le 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée à travers le monde
- Les 75 États et gouvernements de l’OIF représentent plus du tiers des membres des Nations unies ;
- Dans 32 États et gouvernements membres de l’OIF, le français est langue officielle, seul ou avec d’autres langues ;
- Dans l’Union européenne, le français est la 2e langue étrangère la plus pratiquée (19%), après l’anglais (41%) et devant l’allemand (10%) ou l’espagnol (7%) ;
- L’Afrique est le continent où l’on recense le plus grand nombre de francophones, avec 96,2 millions dans les pays membres de l’OIF ;
- Première chaîne généraliste mondiale en langue française, TV5MONDE est le deuxième réseau international de télévision diffusé dans plus de 200 pays et territoires ;
- L’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) rassemble 78 parlements ou organisations interparlementaires ;
- L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) fédère 781 établissements d’enseignement supérieur et de recherche répartis dans 94 pays ;
- L’Association internationale des maires francophones rassemble 206 villes et 29 associations de villes issues de 49 pays ;
- L’OIF organise à Québec, du 2 au 6 juillet 2012, le premier Forum mondial sur la langue française.

Source: VietnamPlus
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Que deviendra le Luxembourgeois?

L’Unesco recense quelques 2 474 langues menacées dans le monde. La langue nationale du Luxembourg y figure, pourtant son avenir ne semble pas si sombre…


Toutes les semaines, une langue sur les 6 000 parlées dans le monde près, disparaît, et c’est près de la moitié d’entre elles qui sont menacées d’extension. 
Mais contrairement à d’autres langues ou dialectes que l’UNESCO considère comme étant « en danger », le luxembourgeois est considéré plutôt comme étant «vulnérable». Il s’agit du premier des cinq niveaux du classement des langues, le dernier niveau étant celui de langue morte. Selon l’atlas de l’Unesco, le luxembourgeois serait parlé par environ 390 000 personnes à travers le monde.
Pour d’autres langues, la situation est plus alarmante: le wallon, parlé par 600 000 personnes,  est considéré comme «langue très menacée», tandis que le patois lorrain est considéré comme «gravement menacé». C’est pour préserver ces langues que se tient tous les 21 février, la journée internationale de la langue maternelle. 
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de l’Avenir des Langues

Il semblerait que près de la moitié des langues parlées aujourd’hui dans le monde, (il y en a 6 000) seraient condamnées à disparaître d’ici la fin du XXIème siècle.
Cette information émane de la directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), dans un message publié lundi sur le site internet de l’organisation à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle.
La richesse et la diversité linguiste, reconnue comme « patrimoine commun fragile », par Irina Bokova, on estime que la perte d’une langue est un appauvrisement de l’humanité et un recul des droits individuels, à pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle. La survie d’une langue dépend intégralement de ses locuteurs.
Mme Bokova souligne l’importance de la diversité linguistique car, selon elle, certaines langues de peuples autochtones sont porteuses de connaissances sur la biodiversité ou la gestion des écosystèmes, ce qui représente, a-t-elle dit, une force de développement durable qui mérite d’être partagé.
L’Unesco rend hommage aux langues des peuples autochtones et veille à ce que les politiques éducatives, de développement et de cohésion sociale, prennent en compte le fait que le multilinguisme soit une «ressource vivante » qui doit être utilisée pour le bénéfice de tous.
La journée internationale de la langue maternelle est célébrée depuis 12 ans pour protéger la diversité linguistique et cette année l’accent est mis sur l’éducation inclusive.
« Les populations exclues comme les peuples autochtones sont souvent celles dont les langues maternelles sont ignorées des systèmes éducatifs. Leur permettre d’apprendre, dès le plus jeune âge, dans leur langue maternelle puis dans d’autres langues, nationale, officielle ou autre, c’est promouvoir l’égalité et l’inclusion sociale », conclu la directrice générale de l’UNESCO dans son message internet.
La Journée internationale de la langue maternelle est célébrée le 21 février de chaque année depuis 1999.
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Ne Manquez Pas en 2012

Conférence du CASNAV de Paris : 
« Les exigences langagières en matière de littératie scolaire »

Des évolutions importantes ont marqué ces dernières années autant les objectifs de l’enseignement, ses contenus que ses formes et les mises en scène des savoirs. On appelle ici « littératie scolaire » les modes de faire avec le langage, les documents, les savoirs qui supposent une familiarité avec la culture écrite. Malgré l’omniprésence de cette littératie, qui n’est donc pas à confondre avec l’entrée dans le code écrit ou dans l’écriture, dès les classes primaires, celle-ci ne fait guère l’objet d’enseignement car elle est le plus souvent méconnue en tant qu’exigence cognitive et langagière. La littératie scolaire est considérée comme partagée par tous alors même qu’elle participe de la construction des inégalités.
Mercredi 8 février 2012 de 13h à 15h 

Auditorium Marc Blancpain de l’Alliance française 
101 boulevard Raspail 75006 Paris 
Métro Notre-Dame-des-Champs
source: APLV
Festival de l’Imaginaire : 
à Paris et en régions

Chaque printemps, le Festival de l’Imaginaire convie les élèves de l’élémentaire au lycée à assister à Paris à différents spectacles et concerts « du monde ». 

Ils ont lieu à la Maison des Cultures du Monde pendant le temps scolaire et sont conçus sous forme de rencontre, généralement 1h de représentation suivie de 30 minutes de discussion avec les artistes. Cette année, ceux-ci viendront spécialement de Corée, de l’Inde et du Pérou pour présenter leur art aux publics du Festival de l’Imaginaire.
Relevant d’une envie de partage et cherchant à susciter chez les jeunes spectateurs une perpétuelle curiosité, ce programme invite des élèves à découvrir des spectacles et concerts « du monde », issus de contextes culturels qui leur sont largement méconnus.
« Éducation culturelle » aborde les notions d’altérité, de différence, par une exploration des formes plurielles de la créativité humaine.
Au-delà de la découverte artistique, il s’agit de : 

-  valoriser la diversité culturelle au sein d’une même humanité ; 
-  encourager le désir d’aller à la découverte du monde, de s’ouvrir aux autres et, ce faisant, à soi- même ; 
-  affirmer l’égale dignité des cultures et des êtres qui les portent.
Ce programme s’adresse aux élèves des cours élémentaires au lycée. Les spectacles sont accessibles au tarif de 5€ par enfant et tous les ac- compagnants (professeurs, surveillants etc) bénéficient de places exonérées.
Ce programme s’adresse aux élèves des cours élémentaires au lycée. Les spectacles sont accessibles au tarif de 5€ par enfant et tous les ac- compagnants (professeurs, surveillants etc) bénéficient de places exonérées.
Au programme de mars à juin 2012
Le Bongsan, théâtre masqué et dansé – Corée (avec la Bongsan Dance-Drama Preservation Society de Séoul) 

Lundi 12 mars de 14h00 à 15h30 – CM, collège, lycée
Le Yakshagana, marionnettes du Karnataka – Inde (avec la troupe du village d’Uppinakudru) 

Mardi 10 avril de 14h00 à 15h30 – CE, CM, collège et lycée
Les Qhapaq Negro de Paucartambo, danse masquée et chants à la Vierge – Pérou (avec la Cuadrilla Mayor Qhapa Negro de Paucartambo) 

Vendredi 11 mai de 10h00 à 11h30 – CM, collège et lycée
Présentation détaillée de ces trois programmes dans le document à télécharger.
source: APLV

Conférence – atelier : 
« Maîtriser le français dans sa spécificité et sa diversité »
 - Expolangues - 

Un atelier animé par les auteurs des trois derniers titres de la collection L’Essentiel Français publiée aux Éditions Ophrys :

Catherine Fuchs (directrice de collection), Sylvie Garnier, Alan D. Savage et Bernard Laks.
Inscription obligatoire ; réponse souhaitée avant le 23 janvier 2012 : Tél.             01 45 78 33 87       /adeniel@editionstechnip.com 
Mercredi 1er février 2012 de 13h30 à 14h30 

Kiosque de langues
source: APLV
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de l’Usage de l’Anglais en France….. ou pas!

Début Janvier, le blog du SNIRS publiait un billet, repris par la suite par plusieurs autres blogs, concernant l’usage de l’anglais dans le cadre d’institutions ou d’organismes français. En fait, la polémique est venue du fait que l’AFD (Agence Française de Développement)  ait demandé lors d’un appel à contribution pour une conférence à Paris, des réponses exclusivement en Anglais. De la part d’un établissement public agissant pour le compte de la France,  c’est une démarche assez surprenante.

Pour ceux qui ont jusqu’alors repris l’article du SNIRS et crient au scandale, il s’agit là d’une volonté d’enterrer la langue française. La langue de Shakespeare prend le pas sur celle de Molière dit-on, et d’ailleurs, d’après une enquête réalisée sur le stress au travail, 31% des cadres parlent une langue étrangère régulièrement dans le cadre de leur vie professionnelle, ce qui certainement serait une source de stress supplémentaire, mais en plus, serait discriminatoire envers les personnes ne parlant que leur langue maternelle.

Evidemment, ça n’est pas très « délicat » d’exiger l’usage de la langue anglaise en France, au sein d’un organisme Français. Et pourtant!

D’une part, l’AFD est un organisme français oeuvrant …. à l’étranger. N’est pas normal dans ce contexte, même pour une rencontre à Paris, de parler Anglais, ne serait-ce que vis à vis des interlocuteurs étrangers? Par ailleurs, force est de constater que le web regorge d’articles en tout genre, faisant état du mauvais niveau d’anglais des français. La demande de l’AFD finalement va dans ce sens contraire de ce constat d’échec linguistique. Demander à des participants à une conférence qui aura un caractère international de parler anglais ne semble pas aberrant. Parce que, qu’on le veuille ou non, c’est un état de fait: la langue de Shakespeare est celle qu’on utilise en premier lorsqu’on se trouve face à un interlocuteur qui ne parle pas notre langue maternelle. Vous arrivez en Chine, et vous ne parlez pas Chinois et votre interlocuteur ne parle pas français, à part l’anglais vous essayez quelle langue?

Un traducteur Interprète qui accompagnait les chefs d’état français lors de leurs visites vers leurs homologues étrangers, justifiait cependant l’usage de la langue de Molière en disant: « dans notre langue maternelle, nous disons ce que nous voulons, dans une langue étrangère, nous disons ce que nous pouvons » et il ajoutait que les chefs d’état qui avaient fait appel à lui…. parlaient pourtant très bien anglais (vous l’aurez compris, il s’agissait d’un interprète FR-EN).

Pour en revenir au cas de l’AFD, il est certainement primordial lorsqu’on travaille dans un contexte international, de parler anglais. La connaissance de cette langue ou même simplement que d’une autre langue que sa langue maternelle est certainement un « plus » pour un candidat sur le marché de l’emploi, compte tenu du monde dans lequel nous vivons.

Mais si notre traducteur/ interprète a raison, peut être serait il bon d’envisager de laisser s’exprimer les participants à une conférence internationale, dans leur langue maternelle dans la mesure du possible, et prévoir  de mettre en place…. un staff de traducteurs et d’interprètes?
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Abus d’anglais au travail dangereux?


Tenu à Paris le 8 mars 2012, le colloque était organisé par le syndicat d’encadrement français CGC (Confédération générale des cadres) et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie.
L’anglais dans les entreprises à vocation internationale, basées dans des pays francophones, s’impose de plus en plus. Nécessité, mondialisme, conformisme, la pratique de la langue de Shakespeare est en passe de devenir la règle.
Pourtant, le recours systématique à l’anglais n’est pas sans conséquences sur les salariés qui ont pour devoir de parler une langue qu’ils ne maîtrisent pas complètement.
Le syndicat français CFE-CGC sous le haut patronage de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a organisé un colloque sur le « tout-anglais » dans l’entreprise, et apporte pour la première fois des constats et des analyses inédits.
Ci dessous, l’article de TV5Monde Par Pascal Hérard auquel nous opposons celui de Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute dans Le petiteconomiste!
Par Pascal Hérard
Stress, angoisse, perte de performance professionnelle, problèmes de concentration, sensation de dégradation de ses compétences… les témoignages projetés en vidéo sur écran géant ou ceux des personnes présentes dans la salle sont édifiants. Les cadres expriment leur désarroi face à l’obligation de devoir travailler en anglais. La maîtrise de l’anglais, même quand elle est bonne, place les employés des entreprises internationales en situation d’infériorité et amoindrit leurs performances. « On ne peut pas être pointu, précis en anglais comme en français. Convaincre un auditoire, rester concentré dans une langue étrangère, ce n’est pas la même chose que dans sa langue maternelle. On a parfois l’impression d’être nuls, de ne pas faire correctement notre travail. Il y a une frustration, une sensation d’incompétence difficile à gérer », témoigne l’un d’entre eux.
De nombreux documents sont en anglais au sein des entreprise et la concentration que requiert cette lecture pèse elle aussi dans la balance : la peur de se tromper, de ne pas bien interpréter certain détails l’emporte sur la performance. La hantise de commettre des erreurs à cause de l’anglais est réelle chez les cadres des entreprises françaises, particulièrement celles qui travaillent à l’international : bancaire, informatique et télécommunications, automobile. Ce phénomène, loin d’être marginal, devient une souffrance au travail, cause de dépression et de démotivation pouvant même mener dans certains cas extrêmes à des suicides.
L’anglais : un « plus » pour l’économie ?
Pour le salarié, il apparaît que la maîtrise d’une langue étrangère engendre un revenu plus élevé. Une étude effectuée auprès d’un panel d’employés du même âge avec des compétences, des expériences professionnelles et un niveau d’éducation équivalents indique un niveau de salaire supérieur de 18% au Canada pour les bilingues, de 14% en Suisse et de 18% en France. Une autre étude a voulu calculer ce qu’engendrerait une « amnésie subite de toute langue étrangère » : avec la maîtrise seule de la langue maternelle dans les entreprises. L’impact économique de la perte de maîtrise des langues étrangères sur l’économie serait considérable, autour de 10 points de PIB (Produit intérieur Brut).
De façon étonnante, et d’un point de vue macro-économique, l’hégémonie de la langue anglaise peut grever la compétitivité économique, engendrer des coûts. Il y a par exemple une économie de la traduction des langues européennes vers la langue anglaise qui produit un transfert de valeur de l’ordre de 10 à 17 milliards d’euros vers les pays anglophones. Les brevets déposés par des entreprises européennes sont à 50% en allemand, puis en français, en italien, les pays anglophones n’étant qu’en cinquième position. Le coût d’accès à la protection de la propriété intellectuelle est de 22% et passe à 25% dans le cadre du « tout-anglais ». L’anglais dans l’entreprise comme facteur de performance économique ne semble pas parfaitement établi.
Une langue n’est pas seulement un code
Alors que la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne stipule l’égalité des langues, que la commission européenne indique une maîtrise de langue anglaise dans l’union de 56%, la réalité est toute autre : il n’y aurait en réalité dans l’union que 13,5% des salariés avec une maîtrise de l’anglais et 15% se considérant comme « bons » en anglais. Une discrimination sur la maîtrise des langues, et plus particulièrement de l’anglais existe et pose de plus en plus problème. Comme un conférencier le rappelle « commander un café en anglais n’est pas la même chose que parler avec son chef. Une langue n’est pas seulement un code, elle est une façon de transmettre des liens affectifs et psychologiques. Comment voulez-vous vous en sortir stratégiquement dans une négociation d’affaire ou d’évaluation si vous êtes dominé ? Et si vous devez le faire en anglais, avec des anglophones en face de vous, vous l’êtes obligatoirement ! »
L’anglais managérial n’est pas le même que l’anglais « first-aid », cet anglais de dépannage utilisé dans beaucoup de rencontres informelles internationales. Le contexte de pouvoir, d’inégalités que créé le « tout-anglais » est réel : des stratégies d’exclusions, d’impositions d’idées, de prises d’intérêts par ce biais existent comme les confusions qu’il peut engendrer. « Un formulaire en anglais ne sera pas compris exactement de la même manière à Milan qu’à New-York », explique un intervenant, « et pourtant il y a exactement les même mots, je sais par exemple que sur le harcèlement, la compréhension du sujet étant très différente entre les pays, il est dangereux de ne pas passer par une traduction pointue. »
Quand la complexité des langues est niée…
La fracture linguistique peut s’avérer dévastatrice, même si il y a nécessité d’utiliser épisodiquement l’anglais dans le cadre de certaines situations bien précises. Des études neurophysiologiques indiquent la mobilisation de beaucoup plus de circuits neuronaux lors de l’utilisation d’une langue étrangère, abaissant par la même les autres facultés intellectuelles du locuteur. Mais le problème d’une hégémonie linguistique est encore plus vaste et touche à des notions sociologiques, psycho-affectives qui ne doivent pas être écartées : le tout-anglais produit des situations très étranges et négatives. Les exemples sont nombreux : l’entreprise-monde, comme elle est appelée par plusieurs conférenciers met des dispositifs en place en dehors de toutes réalités : « Outil lead » allié à un projet « performing » se mêlent à des « nine box » pour au final générer un environnement professionnel où la culture n’existe plus, avec un personnel pris dans une sorte d’environnement qui ne correspond plus à rien de connu. Le problème de la nuance dans la langue est bien entendu lui aussi posé : comment s’exprimer dans la complexité avec une langue étrangère réduite à un « globish » (global english, anglais de bas niveau utilisé un peu partout sur la planète, ndlr) uniquement destinée à fabriquer un espace de communication minimal ?
Sortir du tout-anglais
Si le problème de la maîtrise de l’anglais ne concerne pas l’ensemble des salariés de langue francophone il touche tout de même entre 25% et 37% d’entre eux. Il existe des lois nationales et européennes censées encadrer l’utilisation des langues étrangères, comme la loi Toubon en France, loi offrant un droit imprescriptible à s’exprimer en français et recevoir une réponse en français. Les intervenants du colloque rappellent qu’une langue commune est considérée comme un outil d’égalité, créé une exigence de respect, de dignité, et même s’il ne faut pas exagérer le phénomène de l’imposition de l’anglais dans les entreprise françaises dont 80% utilisent la « langue de la république », il est indispensable de ne pas sous-estimer le phénomène et ses conséquences.
Des propositions sont en cours de la part des syndicats, des CHSCT, pour pallier aux problèmes et souffrances engendrés par le « tout-anglais » dans l’entreprise. Celles-ci pourraient être par exemple la gestion et la valorisation des compétences linguistiques dans l’entreprise, avec un recensement et des évaluations précises de celles-ci. La création de médiateurs linguistiques, l’imposition d’une formation à l’anglais pour les personnels ayant des obligations à travailler avec cette langue, le déploiement de traducteurs automatiques informatiques…
Pour conclure, le linguiste et maître de conférence, Michael Oustinoff apporte lui aussi sa pierre à l’édifice : « il n’y a pas de solution simple à un problème complexe, mais nous savons que la promotion du multilinguisme est essentielle. La Lingua franca qu’est l’anglais aujourd’hui n’est pas vouée à perdurer éternellement et certains spécialistes annoncent même sa disparition (comme Lingua franca, commune à la planète) en tant que telle au milieu du XXIème siècle à cause, ou grâce à l’importance des pays émergents comme l’Inde, le Brésil cumulée la perte d’influence des USA. Et puis il ne faut pas oublier qu’on peut avoir une connaissance d’une langue sans la parler et communiquer chacun dans la sienne propre : je ne parle pas l’italien mais le comprend très bien, comme beaucoup de Français, et les italiens me comprennent eux aussi facilement. Le multilinguisme à promouvoir est complexe, mais si il est organisé de façon intelligente, avec des systèmes d’entraides entre salariés par compétences linguistiques il pourrait permettre cette sortie du « tout-anglais » sans empêcher les échanges entre partenaires de langues différentes ».
Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute.
Les marchés s’ouvrent de plus en plus à l’international et les entreprises doivent pouvoir communiquer facilement avec leurs interlocuteurs internationaux. La pratique de l’anglais commercial se révèle alors être un atout indéniable. Nous avons voulu recueillir l’avis d’un dirigeant de centre de formation nouvellement installé à Poitiers : Nicolas ROOS, dirigeant du Wall Street Institute.
LPE : « Les français ne sont pas très familiers avec les langues étrangères, est ce que cette étiquette s’applique aussi dans la région ?
Nicolas ROOS : Sans hésitation oui, malgré l’afflux depuis de nombreuses années de Hollandais puis de Britanniques dans la région, les poitevins souffrent des mêmes difficultés que les autres Français. Cela s’explique naturellement par l’uniformité du système éducatif français.
LPE : Est ce que les entreprises recrutent de plus en plus des personnes bilingues pour développer leurs marchés à l’export ou forment leurs collaborateurs ?
NR : Les entreprises de la région, soit naturellement, soit poussées par les associations ou autre groupements professionnels s’ouvrent de plus en plus à l’international.
Cette ouverture les oblige à détenir des capacités d’expression en anglais qu’elles ne possèdent pas pour la majorité d’entre elles. Cette compétence nouvelle n’efface pas pour autant celles déjà détenues par les collaborateurs des entreprises. Ces dernières sont donc obligées de former ceux de leurs collaborateurs qu’elles estiment devoir utiliser l’anglais comme nouvel outil de communication. Par ailleurs, recruter des personnes bilingues est quasiment impossible sur le marché du travail actuel.
Le niveau moyen en anglais au sortir du Bac est très faible et rares sont les écoles qui permettent à leurs étudiants d’approcher le bilinguisme.
La norme du moment fixe l’anglais opérationnel pour des personnes issues des écoles d’ingénieurs et de commerces à un score de 750 point au test TOEIC. Cela est déjà une bonne chose mais ne garantit pas le caractère opérationnel de la personne. En clair, seules les écoles imposant une scolarité en anglais donnent les moyens à leurs élèves d’aborder sereinement le marché du travail et aux entreprises d’être certaines des qualités linguistiques des postulants.
LPE : Est-il incontournable aujourd’hui de maîtriser un minimum de notions
en langue anglaise pour développer un business ou pour s’ouvrir à l’international, notamment à travers Internet ?
NR : La plupart des entreprises externalisent la création de leurs sites Internet et n’ont donc pas besoins de maîtriser l’anglais pour cela. Ces sites doivent en revanche tous être traduits en anglais pour pouvoir s’attaquer aux marchés internationaux.
Quant à savoir si la maîtrise de l’anglais est incontournable pour développer un business et s’ouvrir à l’international, la réponse est évidement oui. Laurence Parisot l’a rappelé lors d’une interview récente, les entreprises doivent faire l’effort sur la formation en anglais de leurs salariés si elles veulent pouvoir être compétitives sur les marchés internationaux.
LPE : Quels sont les produits de formation que vous proposez chez WSI ?
NR : Wall Street Institute est un centre de formation à l’anglais. Former des « non anglophones » à l’utilisation de l’outil de communication « anglais » est notre métier depuis plus de 30 ans. Pour ce faire, nous utilisons une pédagogie ciblée s’appuyant sur le processus naturel d’apprentissage de la langue maternelle. C’est donc par la pratique que nos stagiaires progressent. Nous leur proposons d’atteindre le niveau d’anglais général de leur choix ou encore d’améliorer leur anglais professionnel. Nous pouvons également proposer des formations spécifiques « métier » aux entreprises qui le souhaitent.
LPE : En quoi votre offre est elle différente de vos concurrents qui proposent de l’apprentissage à distance, ou grâce à un logiciel notamment ?
NR : Si les outils ont évolué pour s’adapter aux nouvelles technologies, la méthode pédagogique de Wall Street Institute n’a pas changé depuis sa création. Longtemps décriée, l’utilisation du multimédia a été adoptée par la quasi-totalité de nos concurrents et certains en font même un usage exclusif. Cette utilisation ne les a pourtant que très peu rapprochés de notre méthode car notre approche de l’apprentissage de la langue est globale.
Notre offre est un ensemble d’apprentissages cohérents, construits comme un tout et non comme des éléments disparates, juxtaposés dans un catalogue de cours. L’outil multimédia est indissociable des cours avec professeurs et les uns sont conçus pour compléter les autres. Il s’agit d’un mixe entre apprentissage et mise en pratique. C’est grâce à cette méthode que nos résultats sont excellents et que nous pouvons nous permettre de les garantir. Enfin, notre engagement à l’atteinte d’un objectif pour chacun de nos stagiaires, quelques soient les moyens à consentir et sans coût supplémentaire, fait que nous partageons avec nos clients un but commun. Plus nous sommes professionnels dans notre démarche, plus vite nos stagiaires atteignent leur objectif et moins ils nous coûtent, moins bien nous les formons, plus longue est leur formation et plus ils nous coûtent.
LPE : Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel, puisque vous avez repris cette entreprise poitevine il y a peu de temps ?
NR : C’est un parcours quelque peu atypique qui m’a amené à la tête de cette entreprise puisque j’ai passé les 18 premières années de ma vie professionnelle dans l’armée. La toute récente réforme des armées devrait cependant rendre ce parcours moins rare. Mon parcours militaire a commencé comme aspirant, chef de peloton de chars en 1990. Après avoir intégré le corps des officiers de carrière en 1994, j’ai servi pendant 10 années dans des régiments des Troupes de Marine au Mans, à Tahiti et à Noyon. J’y ai tenu les fonctions de chef de section, commandant de compagnie et officier opérations. C’est lors de la dernière opération extérieure à laquelle j’ai participé en 2005 – 2006, en AFGHANISTAN, que j’ai décidé de quitter l’armée. Il m’a ensuite fallu une année pour mûrir cette décision et encore une année pour la transformer en réalité.
Le passage du monde militaire à celui de l’entreprise est un cap très intéressant mais également compliqué à gérer. Il est en effet difficile de transformer, ou au minimum d’adapter ses compétences militaires à l’entreprise. J’ai passé ma dernière année de service à l’ENSOA de Saint –Maixent où je commandais une compagnie d’élèves sous-officiers et lorsque j’ai trouvé un centre de formation en vente, il m’a paru évident que c’était là le type d’entreprise pour lequel j’étais le mieux armé. »
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Colloque international « Rhétorique et traduction »



Organisé par la SEPTET, (Société d’Études des Pratiques et Théories en Traduction) et le LLL (Laboratoire Ligérien de Linguistique de l’université d’Orléans), en collaboration avec l’HTLF, (Histoire des traductions en langue française de Paris-Sorbonne), le Colloque International « rhétorique et Traduction » se tiendra à Orléans les 26 et 27 Janvier 2012.
Université d’Orléans
Jeudi 26 et vendredi 27 janvier 2012
5, rue du Carbonne (Bâtiment IRD)
45000 Orléans
Programme complet dans le  document Joint
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